On verra bientôt des échafaudages grimper le long de la tour du château du Beaucet. Loin de n’être que le commencement d’un banal travail de restauration, c’est l’aboutissement d’un vieux rêve.
Au chevet du projet de réhabilitation de la tour du Beaucet on trouve d'abord Roger Bouvier, maire de la commune et amoureux indéfectible des vieilles pierres. Et puis Mario Moretti, entrepreneur, qui a cédé les ruines du château à la commune pour un prix hautement symbolique et participera au chantier. Ajoutez Alain Gabert, maire de Monnieux, président du Syndicat Mixte d'Aménagement et d'Equipement du Mont Ventoux (SMAEMV) et, au Syndicat, Nathalie Rougon, en charge du projet, qui s'est battue pour obtenir les subventions nécessaires. Enfin, Antoine Sanchez, l'architecte chargé de la maîtrise d'œuvre et les diverses entreprises sollicitées se sont lancés avec enthousiasme dans l'aventure.
La vocation du SMAEMV est d'assurer la maîtrise d'ouvrage déléguée des projets de ses 34 communes adhérentes. Jean-Paul Vilmer, son directeur explique son rôle : « Il faut se dire, voilà, on a un projet, on y va tous ensemble et on peut le mener. Ainsi, on mène des projets qui n'auraient jamais pu voir le jour autrement » Une variante de « l'union fait la force » en quelque sorte.
Fin d'une bagarre
Pas de projet pharaonique en ce qui concerne le Beaucet, Roger Bouvier a voulu que ça reste à l'échelle de sa commune : « Pour moi, c'est la fin d'une longue bagarre, il a d'abord fallu acquérir le château qui était privé. À l'origine, à côté de l'école de la pierre sèche, on avait envisagé de faire sur le château un lieu où récupérer tout ce qui avait trait au patrimoine rural. Le projet et l'école ont dû être abandonnés pour des raisons financières, maintenant on revient sur quelque chose à l'image de ce qu'est le Beaucet, un petit village modeste ».
Finalement, la tour gardera son aspect extérieur actuel, consolidée, bien sûr, et c'est l'intérieur qui sera aménagé, avec un espace d'exposition dans la salle voûtée du bas, une salle au premier dont la destination n'est pas fermement arrêtée mais qui pourrait accueillir des archives et, ce qui fait l'originalité du projet, l'installation en haut de panneaux photovoltaïques qui ne devraient pas être visibles d'en bas, et qui permettront à l'ensemble d'être autonome en énergie. Enfin, on reconnaît bien là la marque de Roger Bouvier, le château sera le point de départ d'une « Route de la pierre sèche » qui serpentera en Provence jusqu'à Cuneo en Italie.
L'ensemble coûtera environ 450 000e, l'Union Européenne assurant 25 % du projet plus 5% « d'écobonus » pour les panneaux solaires, l'état 20% et le Conseil général 15 reste un peu plus de 30% pour la commune, et une miette de 2% au titre de l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise d'énergie).
L.R.
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