Lieu prisé des amateurs d’escalade, endroit aux particularités géologiques surprenantes, sentier de randonnée étonnant, les Dentelles de Montmirail sont à découvrir à la période printanière. Avant les grandes chaleurs de l’été, enfilez vos chaussures les plus robustes, et préparez-vous à découvrir un panorama décoiffant.
Prenez la route de Gigondas, et laissez-vous guider par les panneaux. Vous allez arpenter un petite route, puis un sentier de terre avant d'arriver au lieu de la balade. L'espace de stationnement n'est pas très grand. Vous pouvez aussi garer votre véhicule au bas du chemin de terre, qui prendra ensuite une dizaine de minutes pour être monté à pied.
Une fois arrivé au parking du col de Cayron, c'est parti pour trois heures de promenade. Suivez le sentier balisé d'un petit rond bleu, en passant par une petite passerelle de pierre et préparez-vous à rentrer directement dans le vif du sujet : les vingt premières minutes de la randonnée sont bonnes pour le coeur : ça monte dur, au milieu des arbres, dans un petit sentier sinueux. Poursuivez ainsi et profitez jusqu'à ce que vous arriviez à une bifurcation. Ici, le sol est déjà plus rocailleux.
Vous pouvez prendre le sentier de droite, l'autre sera celui du retour. Arpentez alors un chemin (un peu) accidenté, et profitez du calme et de la beauté du paysage. Le village de Sablet s'offre à vous dans une jolie vue. Mais patientez un peu, le meilleur est à venir. Profitez d'un passage escarpé pour passer de l'autre côté des Dentelles. C'est un peu sportif, mais ça ne devrait pas poser de problèmes.
Prenez à l'est, pour entamer la seconde partie de la boucle. Levez les yeux vers la paroi qui se trouve à votre gauche, et cherchez-y une petite embouchure. Lorsque vous la verrez, si le coeur vous en dit, montez pour la rejoindre : c'est la chambre du Turc. Il faut escalader un peu pour la rejoindre. Une fois à l'intérieur, une cavité plus étroite encore peut être aperçue au fond. On y passe à quatre pattes, et on arrive à l'un des plus hauts points des Dentelles. Prenez le petit sentier sur votre gauche, montez : sur un petit espace de quelques mètres de circonférence, c'est probablement l'une des plus belles vues du Vaucluse, vue de 630 mètres de hauteur, qui s'offre à vous.
Redescendez par le même chemin, et reprenez votre balade où vous l'avez laissée. Profitez du paysage, des arches, et retrouvez le chemin qui vous reconduira doucement maissûrement à la bifurcation où vous retrouverez le chemin que vous avez suivi en arrivant sur les lieux.
200 millions d'années
Pour comprendre les Dentelles de Montmirail et leur formation, il faut remonter à... 200 millions d'années ! A cette époque-là, la mer s'étendait partout en Vaucluse. Sur le site de ce qui deviendra plus tard les Dentelles de Montmirail, les sédiments se déposent en couches successives. On y retrouve un mélange d'argile et de sel au comportement très spécial, mais aussi un calcaire qui finira par former les Dentelles que l'on connaît aujourd'hui.
Faisons un grand bond en avant de 170 millions d'années, et explorons ce qui s'est passé il y a, donc, 30 millions d'années. A cette période, l'écorce terrestre se fracture selon une ligne qui va des Pyrénées au Vercors : il s'agit de la faille de Nîmes. Deux blocs sont ainsi formés. La pression y est, on l'imagine, énorme. La couche d'argile est de sel, très comprimée, plus pâteuse et plus légère que les autres se comporte de manière différente des autres couches : elle remonte vers la surface le long du plan de la faille en bousculant les sédiments qui se trouvent au-dessus d'elle..
C'est ainsi que sont nées ces masses calcaires culminant à quelque 730 mètres au niveau de la crète de Saint-Amand. Un petit sommet, comparé au grand frère qu'est le mont Ventoux et qui culmine, lui, à 1912 mètres d'altitudes.. On se demande pourtant qui est le grand frère de qui. En effet, les Dentelles de Montmirail, petite chaîne de 8 kilomètres de long, sont sorties des eaux avant le mont Ventoux. En plus d'une randonnée agréable, c'est aussi un pan d'histoire naturelle qui s'offre à vous.
Rémy Martino
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