A la sortie de Caromb, sur la route de Malaucène, se dresse une antique demeure, dans un beau paysage d'oliviers. C'est la «Pré Fantasti», une maison dont la légende raconte qu'elle serait hantée. Visite guidée des deux histoires d'une vieille maison.
l y a deux versions de l'histoire. La légende, d'une part, et la version sérieuse. Comme souvent, la légende est beaucoup plus amusante que l'histoire sérieuse, notamment parce qu'elle est en grande partie fantaisiste.
La légende
Commençons donc par la légende. La Pré Fantasti était la demeure dans laquelle deux neveux du pape Urbain VIII, Antonio et Francesco Barberini, sont venus se réfugier. Car ces deux-là étaient de bien étranges personnages. Rapidement, au village, on s'inquiète. On parle d'alchimie, de pierre philosophale, de transmutation du plomb en or. Bref, on y parle magie, celle qui est férocement combattue par l'église.
Les deux frères finissent par mettre au point un «élixir de vie», qui rencontra un grand succès. Et généra donc de fort conséquents bénéfices. Au sujet desquels, un jour, les deux frères se disputent. L'un deux - mais nul ne sait lequel, tua l'autre en lui jetant une fiole de vitriol au visage.
Le survivant s'enfuit. Mais le fantôme du frère assassiné entreprend alors de hanter la bâtisse. Au début du 20e siècle, un riche propriétaire du Barroux, Marius Jouve, y est assassiné, alors qu'il y faisait sa sieste...
L'histoire vraie
La Pré Fantasti était bien la demeure dans laquelle deux neveux du pape Urbain VIII, Antonio et Francesco Barberini, sont venus se réfugier. Mais ces deux-là n'étaient pas des sorciers, mais des cardinaux, légats du pape. Mis à l'abri par leur puissant oncle, suite à une querelle de cour.
Ils séjournent quelques temps à Caromb, , entre 1647 et 1652, le temps de se faire oublier. Puis reprennent du service. Antonio sera grand aumônier de France, puis évêque de Poitiers en 1653, et archevêque de Reims en 1657. Il mourut à Rome en 1671. Son frère Francesco, lui, rejoignit Rome dés son départ de Caromb, et il y fonda une des plus formidables bibliothèques de la ville. Ami des érudits comme des artistes, il fréquenta Milton et Le Bernin. Il mourut lui aussi à Rome en 1679.
A vous de choisir l'histoire que vous préférez !
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