Arsène Mahiout est récupèrateur de métaux. À Carpentras, il a repris la société DRI depuis dix ans. Zoom sur un métier «en voie de rébellion».
Casseroles, vélos, machines à laver, voitures... Ici, on récupère tout ce qui est métallique.
Arsène Mahiout a repris la société carpentrassienne DRI (pour Démantèlement Récupérations Industriels) il y a dix ans. C'est une des cinq entreprises de récupération de métaux dans le Vaucluse.

Du métier depuis trente ans, le patron a toujours baigné dans le métal, «métier passionnant où on ne fait jamais la même chose». Récemment, la crise l'a poussé à licencier du personnel. «On n'a pas eu le choix. Les gens s'imaginent que nous roulons sur l'or», sourit M.Mahiout «or c'est un métier méconnu avec des investissements énormes». Et le prix des métaux (cuivre, laiton, alu, inox...) qui «dégringole», de jour en jour ne viendra pas le contredire. «Les prix ont dû baisser par cinq depuis septembre 2008», déplore-t-il.
Arsène Mahiout regrette qu'on l'assimile à un casseur automobiles qui tire profit des pièces de voitures «alors que nous pas du tout !». Il indique participer à l'industrie sidérurgique et se sent écolo. «Si on n'existait pas, tout ça se retrouverait dans la nature», dit-il. On lui a collé le nom de ferrailleur «alors qu'à l'origine, c'est celui qui travaillait dans la maçonnerie et qui préparait les armatures de fers à bâton». Derrière son bureau en préfabriqué, la ferraille attend sur le béton pour être vendue à des acieries. Les véhicules qui arrivent pour être détruits sont d'abord dépollués (à l'aide d'un décanteur, débourbeur et deshuileur). La grue les place dans un presse-cisaille, puis la matière sera passée dans un broyeur où elle sera triée. Elle est envoyée aux acieries, pour la refonte. Ici 1 000 à 1 500 tonnes de fer sont recyclées chaque mois.
Agréée par la préfecture, la société «recycle tout ce qui est amené par la CoVe», par exemple.
Une vingtaine de particuliers viennent se débarrasser de leurs voitures chaque jour. «Pour gagner trois sous, certains nous amènent aussi vélos et ferrailles en tout genre». Pour amener son véhicule, il faut se munir de la carte grise et d'un certificat de non-gage. Aujourd'hui les casseurs automobiles «n'ont plus la capacité d'absorber tant de véhicules. On vient de me solliciter pour avoir la capacité de les avaler». Or les voitures rapportent de moins en moins. «La marge bénéficiaire sur un véhicule est approximativement de 15e» indique le récupérateur de métaux.
Il commence à se demander si reprendre les voitures est encore viable. «Cette prime à la casse de l'Etat est récupérée par le garagiste. Et nous ?» regrette-t-il. Il propose un système où on payerait une prime à la casse de 50e par exemple, dès l'achat d'un véhicule, mais au récupérateur de métaux cette fois, «car c'est chez nous qu'il en arrive le plus de voitures et la dépollution cela prend du temps».
Camille Bosshardt
A la sortie de Caromb, sur la route de Malaucène, se dresse une antique demeure, dans un beau paysage d'oliviers. C'est la «Pré Fantasti», une maison...
Pourquoi ne pas passer une journée au parc Alexis Gruss à Piolenc. Un cadre magnifique aux essences rares où vous pourrez assister aux...
Pas de commentaires pour l'instant
Laisser un commentaire
Ce commentaire sera validé par la rédaction avant sa mide en ligne. Tous propos injurieux diffamants et racistes seront bannis du site.