Newsletter

Recherche

Vous êtes ici : Accueil » Portraits » Théâtre » André Benedetto : Adieu l'artiste

Portraits

RSS


Théâtre

17/07/2009 » André Benedetto : Adieu l'artiste

André Benedetto directeur du Théâtre des Carmes d’Avignon, auteur-acteur, président du OFF s’est éteint le lundi 13. Il aurait eu 75 ans le lendemain, 14 juillet.

André Benedetto : Adieu l'artiste

En plein OFF André Benedetto a tiré sa révérence, emporté par une hémorragie cérébrale. L'auteur de Napalm (première pièce sur le Vietnam en 1967) et San Jorgi Roc (pièce en occitan, en 1999) était le fondateur historique du OFF...

Historique... un mot qui le faisait sourire: «C'est un peu agaçant d'entendre sans cesse que je suis historique! Disons qu'en 66, j'ai fait sauter un verrou mental en ayant l'audace de jouer en marge du In. C'était très irrévérencieux! Je voulais ressusciter le théâtre populaire, accessible à tous, tel que le concevait Vilar. L'année suivante, d'autres troupes sont venues jouer, j'avais créé le Off, sans intention de le faire.!» nous confiait-il lors d'une interview.

Depuis il était toujours aux commandes de ce Festival dont il voulait toujours améliorer l'accueil.

Artiste libre

On le disait engagé, lui disait que c'est pour mieux se dégager. Que le théâtre lui permettait de rester debout, de rester libre; libre de penser. Son fils William n'aimerait pas que l'on garde de son père seulement l'image du rebelle «Il ne faut pas le réduire à ça. Il a joué 6 fois dans le In et aucun auteur-acteur contemporain peut en dire autant. Mon père n'était pas en marge du système même s'il ne faisait pas d'effort pour être dedans! C'était aussi un poète et son oeuvre reste encore à découvrir. » En effet, le Festival In lui ouvre ses portes en 1978 pour sa pièce «Ville à vif» une balade théâtrale de 2h30 pour un public qui n'avait jamais vu ça!

D'un coup de plume cet auteur vous transformait une histoire historique des plus noires en quelque chose de presque léger. Car au théâtre, ce qui l'intéressait c'était faire des esquisses. C'était assez jubilatoire pour lui de faire cette synthèse et plaisant à jouer. Un grand artiste.

Lundi ses enfants, sa compagne étaient présents au Théâtre des Carmes, nous les avons retrouvés autour des photos d'André. Disponibles. Francès sa compagne dira «Ce fut le coup de foudre entre nous et j'ai eu la chance extraordinaire de vivre au côté de cet homme hors du commun pendant 38 ans. Mais je n'ai jamais été tentée par le théâtre comme Jacqueline son ex-épouse avec qui je m'entendais bien».

Sa compagne Francès et ses enfants Pascale, William, Anne, Sébastien et Andriève

Pascale, fille de Jacqueline ex-épouse d'André Benedetto poursuivait «Je croyais que mon père tenait le coup après le décès de ma mère. Le jour de son enterrement il avait dit -il n'y a plus de projets possibles- Il n'avait aimé la fin de son histoire il a voulu la réécrire». Et sa soeur Anne de rajouter: «Il nous laisse une sacrée dose de courage. On ne s'est pas faits tout seuls, le théâtre ne me l'a jamais pris»

Sébastien lui c'est le dernier des fistons «J'ai souvent travaillé le son et la lumière pour mon père. J'ai hérité de son côté artistique mais moi c'est dans la musique que je me suis lancé et j'en vis. Cependant l'an dernier j'ai monté une pièce à sa demande avec mon groupe, nous jouions nos propres rôles, je crois qu'il était fier en tout cas il semblait très touché par ma prestation. J'ai toujours été à ses côtés, mais j'étais plus calme que lui!»

Andriève (Andrée en occitan) la petite dernière: « Je porte le prénom de mon père, dit-elle fièrement. Nos rapports ont pas toujours été faciles mais l'on s'était retrouvés. Malgré des études universitaires je n'ai pas échappé au théâtre, mais côté technique. Je suis régisseur et mon père venait souvent en régie et nous créions ensemble... Je crois que c'est moi qui ai hérité de son côté... engagé, disons».

Artiste aussi William le fils aîné, mais dans un cinéma marseillais, un cinéma tourné vers l'action culturelle «Mon père était un gros bosseur. Il écrivait tout le temps. Il avait une pièce envahie de ses écrits, de livres, de documents car ses oeuvres étaient très documentées ... Plus jeune j'ai été son régisseur j'ai vu ses pièces des dizaines de fois, je les connaissais par coeur! Mon père était un artiste qui ne lâchait rien, qui ne faisait pas de compromis. Il restait sur sa ligne. Il n'y en avait pas deux comme lui. Un homme qui ne sacrifiait pas ses idées, j'en étais fier. Il l'a payé, il en a souffert parfois. Ce n'était pas toujours simple de grandir auprès d'un tel homme mais au bout du compte j'ai eu la chance d'être à ses côtés, cela m'a nourri, m'a rendu plus fort».

Conformément à ses statuts, le OFF a nommé l'un de ses 2 vice-présidents, Greg Germain, au poste de président dans l'attente de l'assemblée générale de l'association à l'automne.

Bertand Hurault, comédien: "J'ai perdu mon ami"

"J'ai connu André et Jacqueline dans un groupe théâtral universitaire à Aix, à la fin des années 50. Nous avions 20 ans. Il était instit moi prof d'anglais. On s'est perdu de vue puis retrouvés par hasard à Avignon où avec Jacqueline il nous propose à ma femme Michèle et moi de monter une troupe. La nouvelle compagnie d'Avignon est née ainsi. Très vite nous avons loué le théâtre des Carmes qui avait une vraie machinerie dont la scène avait été murée, car le vicaire qui y projetait des films et faisait concurrence au cinéma voisin! «Nous allons faire du théâtre moderne» me disait-il. Depuis nous ne nous sommes plus quittés. C'est lui qui m'a poussé à écrire. Mais j'ai eu la chance de travailler avec l'un des auteurs dramatiques les plus importants de notre temps. Il était d'une rigueur dans le travail ce qui n'empêchait pas des moments de folle gaieté. Son oeuvre dramatique est forte.

Plus de 100 pièces en 40 ans et de nombreux textes, des poésies... c'est un grand auteur qui touchait toute la palette de l'art théâtral à travers la politique, la comédie, la farce, avec de nombreux personnages ou un seul. J'ai perdu mon ami».

Annie Bosc

Pas de commentaires pour l'instant

Laisser un commentaire


Ce commentaire sera validé par la rédaction avant sa mide en ligne. Tous propos injurieux diffamants et racistes seront bannis du site.

» Faire un commentaire


« Retour

4, Rue de la République
BP 202
84009 Avignon cedex 1
Tél : (+33)4 90 80 66 33
Fax : (+33)4 90 82 20 10

Nous contacter par formulaire

©2009-12 L'Hebdo Le Comtadin - Tous droits réservés Conception et réalisation agence web Answeb