Au nord du village de Saumane, à «La Crémade» un vieux mas provençal niché dans un petit vallon ensoleillé. Magali artiste santonnière nous accueille ...
Nous sommes au coeur des Monts de Vaucluse dans un paysage de pinède sauvage parsemé de quelques bories. Magali Mille-Montagard nous ouvre son atelier de santonnier.
Certes Noël est passé mais la création de santons... c'est toute l'année. Créé par son père Joseph Montagard en 1929, cet atelier est envahi de santons de pure tradition provençale faits de terre crue, séchés au soleil selon l'antique tradition provençale et peints aux ocres et oxydes de Provence.
Plus qu'un simple atelier de santonnier, c'est un endroit où vibre encore la tradition populaire provençale, héritée de siècles d'histoire. « En naissant, je suis tombée dans un bac d'argile et j'ai attrapé le virus dès l'âge de 8 ans ! Je suis issue d'une famille de santonniers qui se transmet le savoir depuis 500 ans et peut-être même au-delà » précise-t-elle fièrement. Une sa passion d'enfance devenu le travail d'une vie.
Elle a créé une crèche de Noël animée et sonorisée de 12m qui représente chaque année un village ou un monument de Provence. Certains santons représentent des personnes connues de la région.
Magali a aussi ouvert un Musée rural avec toute une collection d'objets trouvés au fil des ans et des fouilles sur la propriété (pièces gallo-romaines, bijoux anciens, fossiles, objets agricoles).
Naissance d'un santon
Tout l'art du santonnier se trouve dans une expression, un geste, des couleurs... Les personnages sont divers, ils portent sur la tradition évangélique, les petits métiers ou sur le petit peuple de la rue.
Tout est fait à la main et à l'argile. Ce travail de sculpture est délicat. Ses puces, par exemple, comme elle les appelle, ne mesurent pas plus de 2 cm.
Le plâtre est alors coulé autour du modèle, il constituera un moule qu'elle utilisera pour la reproduction.
Puis vient le pressage de l'argile entre les deux parties du moule d'où naîtra le nouveau santon qui « doit sécher au soleil comme il y a deux siècles » insiste Magali.
Quand le santon est sec il faut l'ébarber, c'est-à-dire enlever délicatement les imperfections, le retoucher et le peindre.
Et attention... les couleurs sont préparées aussi par Magali. Etape importante car c'est la peinture qui donne une «âme» au santon. «Le santon passe 15 à 25 fois dans mes mains jusqu'à ce que le personnage ressemble à mes aspirations et je décide alors qu'il est terminé ! ».
Magali perpétue cet art populaire et la mémoire de la Provence en adaptant des personnages existants ou en créant de nouveaux.
Le dernier né de sa collection, est l'apiculteur. « La passion ça ne s'apprend pas, ça se vit et ça se transmet » précise-t-elle.
Liliane Luzy
Site Internet : www.lacremade-santon.fr
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