Né à Rio de Janeiro, cet orfèvre au naturel, fait des bijoux comme il respire. Une passion qui le guide depuis l’adolescence, au gré de son imagination, de ses trouvailles ou de ses voyages. Découvrons cet artiste de la « graine », résident d’Avignon depuis 3 ans.
Marcio Alves das Neves est né au Brésil, dans les quartiers pauvres de Rio de Janeiro. Là où l'avenir des jeunes est incertain, Marcio a fait une rencontre qui a sans doute changé son destin. Dans son entourage, un artisan bijoutier avait besoin d'aide à un moment donné, Marcio, à peine 17 ans, s'est alors formé aux différentes techniques d'orfèvrerie. Il a appris à sertir des pierres, il a travaillé l'os, le bois, la corne alliés à l'or. Puis les événements l'ont éloigné de l'univers des bijoux. Le service militaire est passé par là, il a fait ensuite toutes sortes de boulots, comme l'imprimerie. Puis il est retourné chez le même artisan bijoutier, il y est resté trois ans. Il a alors appris de nouvelles techniques,le travail de l'or et de l'argent, il a également appris la préparation des matériaux bruts. Après cette période de formation, il a fallut qu'il trouve du travail. Impossible pour lui de faire autre chose que des bijoux ! « Je n'ai pas choisi mon métier, c'est lui qui s'est imposé à moi, je ne me vois pas faire autre chose ». Problème : Marcio sans travail ne roulait pas sur l'or... Il s'est donc tourné vers des matériaux naturels, moins chers, faciles à trouver et écologiques. Des noyaux de pêches, du bois trouvé par terre, de l'eucalyptus, des graines de leucena... Tout était bon à prendre, et il a utilisé les techniques d'orfèvrerie apprises auparavant, sur ces matériaux. Un ami pâtissier faisait des gâteaux à base de noix de coco : il récupérait l'écorce pour la polir et en faire des pendentifs.
Recyclage artistique
Sorte de recyclage artistique, qu'il a perfectionné petit à petit, et a diversifié en fonction des matériaux récupérés. Les parcs de Rio regorgent d'arbres à graines, bien utiles pour ses futures créations.
Ses premiers bijoux, il les a vendus vers 20 ans. Sans moyen, son stand c'était lui-même. « J'accrochais mes colliers autours de mes bras, et les bras tendus je me baladais vers la plage. Je n'y croyais pas trop au début, mais mes bijoux partaient comme des petits pains ! Alors je me suis dis que ça plaisait, et que je pouvais peut-être en vivre». Au fil des rencontres, Marcio se faisait inviter dans des soirées privées où il pouvait vendre ses bijoux : « le fait de vendre à des gens d'une certaine classe sociale m'a donné confiance, et m'a donné envie d'avancer dans mes créations.»
Marcio a même enseigné ses techniques dans des favelas de Rio, à des adolescents et des personnes âgées. «Plus tard j'aimerais enseigner à nouveau, mais pas pour le moment, j'ai encore plein de choses à créer ! Je ferai ça quand je serai fatigué de tout ce travail manuel et minutieux»
Des balades en forêt amazonienne et sur l'Ile Grande lui ont permis de trouver de nouvelles sortes de graines, il est toujours en recherche permanente, et ses bijoux sont des pièces uniques en fonction de ses trouvailles. Son travail lui permet donc d'allier le plaisir de marcher dans la forêt avec sa passion pour les bijoux. « Je ne sais jamais à l'avance ce que je vais trouver. J'aime les choses différentes et les surprises !»
Ses créations évoluant au fil des années, il vendait ensuite en bord de mer (au Brésil c'est toléré même sans autorisation), puis sur des marchés de la ville. C'est sur le plus grand marché d'Ipanema qu'il a rencontré sa femme, avec qui il est venu s'installer en France en 2007. Commence alors la découverte d'un autre pays, nouvelle source d'inspiration, et les démarches administratives pour créer son entreprise. Marcio fait tout tout seul, la conception, la fabrication et la vente de ses bijoux. Il retourne deux fois par an au Brésil, notamment pendant la saison d'hiver, pour aller y chercher des graines. Il a depuis ses débuts, un ami qui lui fournit et lui teinte des graines, avec des pigments naturels. Certaines espèces se trouvent en Amazonie, comme le seringa (arbre à caoutchouc), le sucupina, le jupati (palmier) et l'ivoire végétal qu'il grave à la manière des Indiens d'Amazonie. Dans ces forêts, les fruits sont utilisés pour la fabrication de savon, de chapeaux, de jus de fruits, et les graines sont récupérées et réutilisées par les habitans alentours. « C'est comme du recyclage, et ça permet de nettoyer la forêt ».
Aujourd'hui il est présent sur de nombreux salons bio, et des marchés aux artisans, comme à Avignon pendant le Festival, et ce mois-ci il est tous les jeudis au marché d'artisanat d'art de Nîmes. « Je me régale là-bas, j'aime être dehors et parler au public, aux touristes. Je ne me vois pas passer uniquement mon temps dans mon atelier ».
Emilie Veysselier
http://paubrasil.skyrock.com
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